jeudi 5 octobre 2017

Stupid Karaté.

Il y a quelques mois, j'ai reçu un disque. Même deux disques. Pas un vulgaire lien pour télécharger quelques mp3s, qui assemblés dans un cyber lecteur formeront plus tard un album. Non! Deux véritables compact disques emballés dans un packaging "Fais le toi même" avec une collection de cadeaux pour sublimer le tout.
Les messieurs m'avaient contacté il y a quelques mois pour savoir si je souhaitais faire une chronique de leurs derniers efforts discographiques. Diantre ! Evidemment ! répondis-je, cela va rappeler la douce période radio-webzine No Control, et ses inlassables heures d'écoutes de galettes avec mon camarade David. Une chronique ici va sans nul doute leur permettre de remplir le stade de France dans quelques années, alors quand on peut rendre service...
Enfin, il reste donc encore des groupes qui envoient des disques par la poste comme au bon vieux temps. Le vieux con que je suis devenu est quelque peu rassuré. 

L'orchestre en question s'intitule donc STUPID KARATÉ. Ils ont l'avantage d'un patronyme à l'ambition relative, qui en profite pour nous aiguiller sur leurs intentions. Alors certes les Lillois ne vont pas chambouler le monde de l'industrie du disque mais les gaziers font le job avec brio. Deux Ep's à quelques mois d'intervalles. Hardcore punk sauce 80's, ambiance potache, et tempos en fond de 5ème pour faire valser mamie au bal de promo.



J'ai une préférence pour le premier E.P,  certainement puisqu'il y a deux titres en français (je suis toujours le même vieux con qu'au paragraphe précédent) et surement aussi pour la reprise des Undertones, mais les deux disques s'enchainent facilement.  Idéal en fin de semaine quand tes collègues de travail tentent de te persuader que le nouveau Julien Doré est vraiment pas si mal. 
Bravo les jeunes. Continuez d'envoyer des disques par courrier postal. Et surtout continuez de jouer vite.


samedi 24 décembre 2016

2016, le haut de mon panier (3)

Il m'arrive d'aller à des spectacles. Parfois, le groupe est bon, et je passe une bonne soirée. Parfois, le groupe est mauvais, mais mes copains/ines sont rigolos alors je passe quand même une bonne soirée. Lors des soirées évoquées ci-dessous, tout le monde a été très bon, je vous rassure.

LIVE.
- Samedi 23 Janvier 2016 / Zone Infinie @Pavillons Sauvages, Toulouse.

On a écumé leur premier album comme Moitessier les mers du Sud, j'attendais donc impatiemment leur venue sur Toulouse. Salle blindée, attitude "Je m'enfoutiste" à souhait, lampe frontale pour le guitariste afin d'être sûr de bien voir les cordes... Nous avons assisté ce soir là à un concert incroyable.
Je saurais toujours pas expliqué ce qui se passe avec ce groupe, mais ils apportent un espèce de bourrasque bien fraîche dans ce punk francophone. Depuis, j'écoute Camera Silens. Okay?




-Mardi 19 Juillet 2016 / Heavy Heart @La Dynamo, Toulouse.
Un groupe qui a fait l'unanimité toute cette année. Les quatre champions ont défendu sans relâche leur premier EP "Discoveries" avec la fougue et la passion comme seul acolyte. Sur scène, c'est tout simplement parfait.

Le juste milieu entre précision, charisme et sympathie dénué de démagogie outrancière. Leur nouveau album "Distance" sort le mois prochain et je vous conseille de vous ruer dessus. C'est eux le futur.






-Jeudi 6 Octobre 2016 / Bruit Qui Court @Music Box, Toulouse.
Release party du nouvel album "Que la nuit m'emporte". Un disque qui s'écoute, comme une nuit qui s'écoule,  un opus qui prend tout son sens sur scène avec des images projetées et un jeu de lumières de circonstance.
C'était ce soir là, le dernier concert de Sylvain le bassiste. Petit détail, qui permettra sans doute à ma frêle âme émotive, de basculer la petite larme de fragile en fin de set.
Bref, c'est la grande classe ce groupe. Entre poésie sociale et attitude punk, leur nouvel album aurait bien eu sa place dans le top 5 des disques également.




Lundi 14 Novembre 2016 / Dirty Fonzy @L'Etincelle, Angers

J'ai vu mes potes 1 million de fois en concert. Je connaissais la grosse machine qui pilonne en festival et qui renvoie les têtes d'affiche en cours de coaching artistique, mais pas ce groupe là.
Dirty Fonzy en pleine reconstruction, avec un Angelo Papas sur le point d'en terminer avec sa grippe carabinée. Panache, tubes et autodérision étaient de toute évidence les maitres mots de la soirée.
Je crois bien avoir pleurer de rire ce soir là. Vous allez penser que je chiale beaucoup à force. C'est le cas.




Mardi 22 Mars 2016 / Nekfeu @Zenith, Toulouse
Comme la majeure partie de la population française âgée entre 14 et 18 ans, je suis fan de Nekfeu. Je ne vais quasiment jamais au concert de rap, pour la bonne raison que je m'ennuie très vite. La dernière fois au Zenith c'était pour Booba justement. Nous étions même partis avant la fin.
Ce soir là, on a passé la soirée avec un père de famille venu accompagné sa fille, plus proches du comptoir que de l'épicentre de la fête. Ceci étant dit, le concert était drôlement bien fichu. Scénographie solide, danseurs, ballons, effets spéciaux...Je voulais en prendre plein la tronche, j'ai été servi.

jeudi 22 décembre 2016

2016, le haut de mon panier (2)

C'est toujours difficile de parler de rap. Ce n'est pas ma culture. Ce n'est en aucun cas, le style de musique qui m'a construit, forgé et éduqué. J'ai bien quelques disques majeurs au milieu des années 90 qui ont eu un rôle important, mais j'ai commencé sérieusement à m'intéresser à tout ça, il y a moins de dix ans.  Je n'ai donc peut être pas la légitimité pour parler de rap, et c'est bien pour ça qu'il faut le faire. Toujours pas d'ordre de préférence dans les disques ci-dessous.

RAP FRANÇAIS


DOOZ KAWA "Bohemian Rap Story"
Un disque important puisqu'il est sorti à une période marquante de mon année. Les instrumentaux sont soignés, avec une omniprésence de cordes pouvant faire appel quelquefois aux musiques de l'est.  Les textes toujours aussi réussis, entre ballades imaginaires et chroniques quotidiennes. Les featurings sont bien évidemment de qualité connaissant l'entourage du garçon. (Lucio Bukowski, Anto Serra, Hippocampe Fou...) Le coquin sait également merveilleusement bien jouer de son timbre de voix pour s'adapter aux ambiances des différentes chansons. Gros disque.



CABALLERO & JEAN JASS "Double Hélice"
Mince alors des belges. Je suivais Jean Jass en tant que producteur, mais j'étais passé complètement à coté de ses activités de rappeur.
Alchimie parfaite pour le disque entre les deux gus. 10 titres seulement mais une quantité de métaphores incontrôlables et quelques gros hits qui sortent du lot. Deux flows disparates mais complémentaires, une bonne dose d'humour et en plein milieu, on prend ce GROS HIT.
 KERY JAMES " Mouhammad Alix"
Il est toujours là papa. Indétronable. Un disque placé sous le signe du combat, avec une vision toujours plus négative du monde qui nous entoure. L'un des derniers dinosaure à parler de politique dans le rap, quitte à presque devenir un cliché de lui même. Je continue de manger dans sa cantine même si on commence à avoir fait le tour du bâtiment.
"Rien n'a changé depuis Lettre à la République."
NEKFEU "Cyborg" 
Après avoir fait ses preuves dans les bacs auprès de l'industrie dégueulasse du disque de rap, le jeune parisien prouve à ses collègues de taf qu' à l'heure actuelle, il survole tout le monde en hélicoptère. Le fond et la forme se tiennent enfin la main dans un disque déjà beaucoup trop abouti pour les jaloux. Mon champion actuel. J'espère juste qu'il va finir par arrêter de jouer les tremplins pour son équipe de MJC (mise à part 2,3 exceptions...) et assumer tranquillement son succès du haut de l'hélico.
DROOGZ BRIGADE "Projet Ludovico"
Les gros punks de ma ville. Toujours plaisant de voir l'énergie d'un collectif comme moteur d'un projet de disque. L'équipe base sa musique sur un parallèle poignant avec le monde du cinéma, en l'occurence ici avec l'univers d'Orange Mécanique. C'est violent, cru, et truffé de jeux de mots douteux, mais toujours finement référencé. Al'Tarba, chef d'orchestre de la troupe et l'un des meilleurs beatmaker ne deçoit à aucun moment, dans des prods toujours plus sombres et percutantes. C'est simple, c'est tellement cool, que l'on dirait un groupe de punk.

Pour ceux que ça intéresse, le disque est disponible ici !

mercredi 21 décembre 2016

2016, le haut de mon panier (1).

C'est tellement ringard de faire des Top albums. Merde, on est pas chez les Inrocks quand même, me direz-vous. Je suis désolé, j'y peux rien mais cela m'anime plus que de discuter du développement de l'attitude corporelle d'Emmanuel Macron en pleine campagne présidentielle. Et pourtant, je suis loin d'être un aficionado de la compétition, et encore moins de la hiérarchie. Mais si les lignes qui vont suivre permettent de lancer un débat musical au prochain repas de famille avant d'attaquer le sujet "lutte des classes", ça sera toujours ça de pris.
 Le site étant un tantinet en jachère, c'est peut être l'occasion de labourer le terrain et de relancer un peu la cyber moissonneuse. Voici donc les disques qui m'ont marqué lors de ces douze derniers mois.
Pas de classement au sein du Top5. Impossible de mettre de l'ordre dans ce quintette par contre.

ROCK. 
 DESCENDENTS "Hypercaffium Spazzinate" Epitaph Records
Retour des patrons, douze ans plus tard. Neutralité 0, mais force est de reconnaitre que le petit nouveau est de très bon facture. Le discours a certes quelque peu changé (No fat burger) mais la recette marche toujours à merveille. Entre brulots punk, courts et efficaces et tubes pop-punk catchy mais pas niais. On reconnait l'orchestre qui a influencé la majeure partie des stars tatouées actuelles.
Au milieu de tout ça, la chanson "Without love" sublime le disque dans son intégralité. Je m'inquiète toutefois de la tournure que prend leur merchandising actuellement : Entre H&M, et Casa.
                                       

JEFF ROSENSTOCK "Worry" Side One Dummy Recordings
Toujours debout, toujours la banane, le sympathique chanteur de Bomb The Music Industry! Inutile de dire que sa nouvelle carrière solo se porte à merveille. Le bonhomme sait absolument tout faire, dans tous les registres qui m'intéressent à l'heure actuelle. Capable de signer les plus beaux tubes pop en passant par le hardcore 80's puis un gros single ska punk, au cas tu aurais oublié ses origines.
Rajoutez la dessus, des textes au thématiques aussi variées que essentielles, et vous avez bel et bien, l'un des plus beau disques de l'année.


NADA SURF "You know who you are" City Slang 
J'avais presque oublié leur existence. 8ème album déjà. Je l'achète sur les conseils de mon chic type de disquaire qui une fois de plus avait raison. Je retrouve les chemins empruntés il y a dix ans, en y mélangeant ma vision de néo-adulte en construction.  Histoires d'amour inachevées pour ballades pop à envoyer la pilosité épidermique au garde à vous.
J'ai écouté cette chanson 8769 fois.

NOFX "First ditch effort" Fat Wreck Chords
Le disque de la réconciliation. J'avais arrêté d'écouter tellement la bande au gros Michel m'agaçait au plus au point. Puis, je suis tout de même allé les voir en concert à Toulouse. J'en ressors agréablement surpris par une prestation sobre et efficace. Puis ce nouveau disque pointe son nez, et j'en ressors déconcerté par une sincérité dans les textes et quelques chansons sortant largement de ce qu'on pu avoir sur ces dix dernières années. Welcome back boys.
THE HEADLINERS "Self love Affair" Une Vie Pour Rien
Les petits chouchous Nantais. Dans la lignée de leur précédent opus, mais encore plus mélodique. Le sens du refrain catchy par excellence, avec le son anglais du début des années 80. On vacille entre power pop, oi et mod à l'ancienne. Dire que j'ai réussi à rater leur passage à Toulouse.





C'est le top du jour. Demain cela aura peut être changé. Demain, il y aurait peut être eu plus de revival oi française. Demain, il y aurait eu Nerf Herder, Pup, Pinegrove, Arms Aloft, Useless ID, Direct Hit ou je ne sais quoi. Rien n'est figé. Sauf pour l'année prochaine, où il y aura Heavy Heart et Intenable. Ca j'en suis sur.

vendredi 26 juin 2015

Olivier Lolmède

Nouvelle rubrique. J'avais envie de faire évoluer un peu ce site. Rien d'extraordinaire, juste un nouvel espace pour parler de mes potes qui bourlinguent de leurs cotés.
C'est Olivier, qui ouvre les hostilités. Je connais le jeune homme depuis pas mal d'années, on se croise ici ou là dans les évènements de la ville rose. Un garçon humble, à la sympathie qui n'a d'égal que ses talents de musiciens. 
J'aurai bien aimé être en classe avec Olivier. Je pense qu'il aurait accepté d'échanger mes cartes des Crados en causant de Guns'n'roses... Merci à lui.




  • Salut jeune homme et bienvenue à bord. Pourrais tu nous faire une petite présentation, l'histoire de rassurer les passagers sur leur pilote du jour ? Rien de bien méchant, ton âge, ton parcours musical, et ton road movie préféré.

Olivier, 31 ans, Toulouse. Je joue dans Drawers à la batterie et Plebeian Grandstand à la basse, j’ai commencé à jouer dans des groupes vers l’âge de 15 ans et mon road movie préféré j’en ai pas vraiment, récemment j’ai vu “carnets de voyages” qui retrace la jeunesse d’Ernesto Che Guevara selon ses notes. J’ai beaucoup aimé, mais le fait de rentrer de Cuba a dû beaucoup m’influencé, mais ça reste une excellent film et t’apprends bien des choses sur le pourquoi du comment du “Ché”.

  • Tu es régulièrement sur la route avec tes différents groupes, qu'attends tu de cette dernière ? Quelles sont les raisons qui te poussent encore à partir ?

Plus j’avance dans la vie et plus je réalise que partir loin de chez soi dans l’inconnu distiller ce que tu aimes et fais le mieux, découvrir de nouveaux lieux où la musique rassemble, de nouvelles villes, de nouvelles cultures, paysages, m’ont énormément enrichi, et ma vision de la vie et du monde en général est aujourd’hui guidée par toutes ces découvertes faites essentiellement grâce aux tournées et aux rencontres avec ces gens d’ailleurs. C’est ce qui me pousse encore aujourd’hui à partir loin de chez moi de temps en temps, avec mes potes avec qui tu partages plus qu’une salle de répète. Il y a aussi la chance de pouvoir encore à 31 ans rire avec insouciance coincé dans un camion, pendant des heures, découvrir ensemble et ramener des souvenirs à nos proches, et avoir à jamais gravé des moments uniques à plusieurs. 



  • Ces dernières années, tu t'es retrouvé à jouer du Metal dans des pays comme l'Algérie, l'Inde, ou encore tout récemment Cuba. Pourrais tu nous raconter la genèse de ces différents projets ?

Pour Alger, La Dynamo a réussi à monter un pont entre les différentes associations d’organisation de concerts Algeroises et Toulousaines, et nous (Drawers) y avons été conviés par le biais de Noiser. On sentait qu’on pouvait pas passer à côté de ce genre d’expérience.
Et on a réitéré pour Cuba 2 ans plus tard. Niko (chant, Drawers) a contacté David Chapet (Brutal Beatdown), un français résidant à Cuba depuis 19 ans, en vue de participer au festival qu’il organise 2 fois par an sur l’île, depuis maintenant pas mal d’années. David connaissait notre musique et nous a convié à rejoindre l’affiche pour février 2015.
Et pour l’Inde, avec mon autre groupe Plebeian Grandstand, nous avions un contact français qui bosse avec le centre culturel Français sur Place à Bangalore, et qui nous a aidé à monter un dossier et une tournée en octobre 2014. Chaque année des artistes Français de tous horizons y sont conviés, ça va du théatre aux musiques diverses, c’est très éclectique et on était le premier groupe de metal extrême à s’y rendre par ce biais.



  • On imagine bien le fossé culturel entre ces pays éloignés et la France. Quelle place réelle ont les musiques dites « extrême » au sein de la société de ces trois pays ?

De manière commune, ces 3 pays ont une bonne partie de la population attirée par le rock, metal, punk… surtout chez les jeunes. Mais la culture s’arrête aux grands classiques de chaque style (Metallica, Iron Maiden, Rammstein, Cannibal Corpse et Meshuggah), et à Cuba ou internet est quasiment inaccessible tu comprends pourquoi. Donc tu vas pas dans ces pays dans l’espoir de faire gagner ton groupe en notoriété, ou vendre du merch en pagaille. La musique extrême peut parfois surprendre mais c’est la curiosité et l’engouement que suscitent ce genre d’évènement trop rare sur place qui font de ces moments des moments uniques. De manière générale c’est le côté humain qui prend le dessus sur les souvenirs de notre passage.

  • Quel accueil vous a été réservé ? On est plus sur du Iron Maiden à Rio de Janeiro ? Ou Slipknot au Fury Fest ?

En Inde les gens étaient très curieux malgré le côté ultra agressif et peu chaleureux de la musique de Plebeian Grandstand. Même si la plupart ne devaient pas assimiler les codes de ce type de musique sur le moment, à chaque fois les gens se rassemblaient devant nous au fur et à mesure du show et semblaient vraiment apprécier notre dévouement à ce que nous faisions.
A Cuba, le manque d’accès à Internet et donc à toutes les cultures underground du monde, font que les kids semblaient préférer les morceaux que passaient l’ingénieur du son dans la sono entre les groupes plutôt que les concerts en vrai. Beaucoup de monde à chaque concert, mais peu réceptifs, il y avait un certain décalage qu’on a pas l’habitude de voir aux concerts de Drawers. Mais on a toujours été bien reçu et on ne s’est jamais senti de trop, mais plutôt incompris.
A Alger, c’est un peu entre les deux, les gens sans tout comprendre semblaient conquis et ont visiblement adoré ce qu’on leur a proposé, il y avait une euphorie très pure et simple.




  • Les rencontres ont du être incroyables et vous avez du vous retrouver dans des situations cocasses lors de ces tournées. Tu payes ton TOP 5 des anecdotes ?

A Alger où l’alcool est très mal vu, se retrouver dans bar limite clandestin et faire connaissance avec ce brave David Mareau, autour d’une pinte de bière blonde, au milieu de tous les vieux du quartier, planqués derrière des rideaux opaques à boire, fumer et jouer à des jeux de hasard.
Cuba, la moustache d’Hitler sur un gamin de 15 ans, et le t-shirt Rammstein avec plein de croix gammées.
Inde : j’ai rencontré “mon fils” de 13 ans fan de black metal et de tous les groupes Norvégiens cultes dans le style. Il était venu nous voir avec ses parents super gentils et ravis qu’on soit venu de France pour jouer cette musique, j’ai gardé contact avec mon fiston par mail et j’espère le revoir un jour !
Inde : jouer sur une scène à 6m de hauteur sur la plus grande place de la ville, à 200 km du Pakistan, en extérieur devant une population massivement Sikh.
Une des meilleures pour moi à Santa Clara, Cuba, où j’ai rencontré un père de famille passionné du hardcore qui tient un petit webzine ROMPIENDO MUROS. Trop long à raconter ici, mais ce mec met toute son énergie qui lui reste après son boulot pourri pour sortir son numéro, avec des moyens très limités (un ordinateur portable vieux de 10 ans, une connexion internet très lente et extrêmement chère en cybercafé - un quart du salaire moyen pour 1h de connexion, ...). Quand ce type te dit que son rêve c’est de pouvoir voir des concerts de hardcore à Cuba, acheter du merch pour soutenir le groupes, mais qu’il n’a même pas les moyens de s’acheter une bière hormis pour son anniversaire. On lui a offert un t-shirt d’Alea Jacta Est (il connaît et adore ce groupe) et de Drawers. J’ai également gardé contact avec lui.

Il y a tellement d’anecdotes, j’en oublie forcément et j’ai très mauvaise mémoire, mais on a tous ramené de belles histoires humaines avant tout, d’échange, de partage, et d’ouverture au monde qu’on ne connait pas.



  • Sur ta platine, au mois de Février 2015, qu'est ce qui tourne le plus ? Le bouquin qui squatte ta table de chevet ?

J’ai découvert Walknut (du black depressif très ambiant), Badbadnotgood (hiphop aux instrus jazz), Kanye West, Der Weg einer Freiheit (black melo allemand) et un peu de Brassens que je connais que trop mal.

  • Ton prochain voyage ?

J’aimerai aller au Japon, en tournée ou pas, ou en Islande ou en Laponie. Sinon j’aimerai aller à Rome aussi j’y ai jamais mis les pieds !

On est arrivé à destination. Merci d'avoir offert de ton précieux temps.
Merci à toi grand monsieur !

vendredi 3 octobre 2014

La douloureuse.

La rentrée c'est toujours une période délicate, en particulier quand tu travailles avec des enfants. Tous les souvenirs de jeunesse, cartable sur le dos, remontent lentement à la surface. J'oublierai pas cette rentrée de Septembre 2014, comme je n'oublierai jamais celle Septembre 1989. Elles ont pour point commun cette insipidité prévisible mélangée à ce trac qui te foudroie quelques secondes avant de franchir le portail de l'adversité. Bref, repartir au travail après 1an de voyage, c'est comme lâcher la main de son père avant la rentrée au cours préparatoire : la grande pétoche !
Passons donc à autre chose, laissons de coté les plaintes, et les grands discours passéistes. Il faut rebondir, mettre de coté les tracas administratifs relatifs au retour dans l'hexagone, reprendre le train en marche et s'installer uniquement dans le bon wagon.
Dans ce bon wagon, il y a  la famille, les ami(e)s, les orchestres de punk rock et toute une collection de disques, de livres, de films et de réjouissances en tout genre, sorties l'an passé pendant que nous étions sur la route. 1 an à rattraper, ça donne toute de même envie de croquer la vie, tous chicos dehors.
Voici par exemple 3 bouquins, qui ont retenu mon attention ce premier mois de Septembre de ma nouvelle vie.

"Autobiographie incomplète et romancée d'un chanteur méconnu"
Nicolas Lafforgue et Marion Méard, Autoproduction.

Nicolas est le chanteur de Bruit Qui Court. Un groupe de rock sans guitares. Oui je sais, il devrait avoir une loi qui interdit l'absence de fusil à 6 cordes dans un groupe amplifié. Il devrait avoir des gens qui se révoltent contre cela. Mais voilà, ce n'est pas pareil avec Nico et ses comparses. L'exception qui confirme la règle sans doute. Je suis littéralement fanatique du dernier disque. Un brulot cinglant de rock scandé, et militant. Entre rock, punk et noise, une énergie au service des plus beaux textes du circuit. Chanté dans la langue de Brassens bien sur.
Je me suis retrouvé sur le tournage d'un des 2 clips filmés à l'occasion de la sortie de la dernière galette. Toujours un moyen de me rapprocher discrètement du casting de Plus Belle La Vie. Entre les prises, je suis tombé sur ce livre écrit par Nicolas et illustré à merveille par Marion Méard. Plus de 10 ans de tournée, dans tous les recoins de l'hexagone, et le meilleur des anecdotes compilé dans les pages de ce recueil, tout en rouge et noir. Des histoires, des réflexions, des mots simples et justes, pour raconter la vie d'un groupe en tournée. Il en fait pas des caisses le Nicolas, il raconte humblement des fables qui rythment sa vie depuis toutes ces années. Il n'y a guère de regret, ou d'amertume, juste des lignes pleine d'humour, qu'il soit dans une position de musicien ou d'organisateur de concert. Je vous ferais bien un best of des plus beaux récits du monsieur, mais j'ai dévoré ses mots lors de la journée de tournage. Le livre est resté sur les lieux du crime. Il ne vous reste qu'à faire comme moi, en passant commande. C'est par ici --> Coucou.

"Explosions textiles : Mon premier tee-shirt de groupe"
45 auteurs. Compil by Nasty Samy. Kicking Books, Everyday is like Sunday.


Damned! Le Nasty Samy est de retour avec un énième projet de livre. Respect éternel à son intarissable vivacité. Le gars est inépuisable. Toujours dans le mouvement, les pieds droits dans les baskets, le museau vissé sur l'écran, ou les esgourdes qui sondent le mixage d'un nouveau disque. Je suis resté attentif à son activité même à l'autre bout de la planète, afin d'être sur de rien rater. Ce livre, justement, que j'aurais adoré lire dans une auberge en Asie du Sud Est, plutôt que de me taper les récits de voyage de quelques va-nu-pieds qui se laissent pousser les dreadlocks. 45 auteurs, pour 45 anecdotes sur l'acquisition de son premier tee-shirt de groupe de rock. On parle bien de rock ici, (attention, je vous rappelle que U2 n'est pas un groupe de rock), de punk rock, de trash, de heavy métal, ou de hard rock. Vous aurez bien compris que évoquer ce fameux chandail n'est qu'une belle excuse pour remonter dans le temps et revenir dans cette magnifique période de vie qu'est l'adolescence. Les auteurs, qu'ils soient musiciens, écrivains, activistes ou journalistes, se sont donnés à coeur joie pour sortir les vieux dossiers. D'anecdotes épiques, en situations embarrassantes, ce livre c'est le nôtre, on se retrouvera tous quelque part dans l'une des histoires racontées. C'est certainement votre premier tee shirt de groupe qui vous a sauvé la vie. Il était temps de le rappeler. Moi j'ai toujours le mien. Il est un peu petit pour ma carcasse de jeune adulte, mais je préfère perdre mon passeport que ce vieux bout de tissus. Mention spéciale à Vincent Mondiot pour l'ensemble de sa participation. Belle découverte. Pour commander --> C'est par là.

"T'arrives ou tu repars"
Matgaz, Kicking books


Aux premiers abords, rien d'intéressant pour moi derrière cette jolie couverture aux allures de bande dessinée. Les groupes,dans lesquels officie derrière les fûts, Matgaz, notre auteur ne me "parlent" absolument pas. Je ne connais ni Mars Red Sky, ni ce fameux James Leg. Je n'ai jamais vraiment écouté à vrai dire. Honte à moi.  Le plan "récit de tournée", c'est quand même toujours la même rengaine...Conduire, jouer, dormir et bis répétita, je la connais un peu l'histoire, et ça ne vaut pas le coup de faire un bouquin. A moins que l'on ne parle absolument pas de musique ou de ce qu'il y a autour. Ca ne m'intéresse pas de savoir si t'as fait une balance ou un line check, ou ce qu'il y avait dans la gamelle avant de monter sur scène. J'ai eu du mal à rentrer dans ce livre. Enfin, il m'a fallu quelques pages. Le temps de s'habituer à l'écriture du Matgaz en question. S'habituer au succulent vocabulaire charentais, comprendre un peu ses goûts en matière de musique, d'habitudes de vie, et puis c'est parti. Impossible de lâcher le bougre. Ecriture bourrée d'humour et de sarcasmes, des expressions rurales à tout va, on a bien l'impression qu'il nous a fait une petite place dans le camion pour partager l'histoire avec lui. Le fait, qu'il ne sache pas orthographier "hipster", aurait du me mettre la puce à l'oreille sur les toutes qualités du jeune homme. Le fait qu'il soit fan de Springsteen aussi. Parfait de bout en bout. Comme quoi, va falloir que je remette en question mes principes.
Commande : Salut !

Allez hop, je file, il y a plus de café dans le mug. Je vais délaisser un peu ce site. Je m'attaque à un truc un peu plus conséquent dans les mois qui viennent. Faudra pas trop m'en vouloir. Je ne sais pas trop si j'ai les épaules pour la chose qui suit, où si je vais flatuler plus haut que le bas du dos, mais je me dois d'essayer. Restez dans le coin pour plus d'infos !

jeudi 28 août 2014

India, last chance to dance.

 Nous sommes rentrés. Tout porte désormais à croire que le voyage est fini. Nous sommes déjà à la fin du mois d'Août, la France est en congé pour quelques jours encore, et tandis que nous digérons péniblement ce retour, je m'aperçois que je manque de rigueur sur la conduite de ce site qui nous a accompagné ces onze derniers mois. Je prendrai certainement du temps pour décrire ce sentiment étrange qui traine au fond des tripes depuis le retour à la réalité hexagonale. Pour l'heure, impossible de clore le chapitre, sans évoquer le gros mois passé en Inde, sorte de bouquet final de l'aventure. La "cerise sur le ghetto" aurait parié un rimeur français sur le déclin. 
"L'Inde est une anarchie qui fonctionne" gribouilla un jour un célèbre économiste dont le nom m'échappe. On ne tiendra pas rigueur au gentil monsieur sur le sens originel du terme "anarchie", puisque l'autorité est malgré tout présente dans les différents états indiens mais on peut certainement  lui donner raison sur le chaleureux désordre ambiant qui règne sur l'ensemble du territoire.
Comme une course effrénée d'un myope, qui termine la face écrasée sur le double vitrage de la porte fenêtre de la cuisine, on prend l'Inde en pleine face. On se retrouve avec quelques marques au visage, mais on adore y revenir au cas où on aurait oublié l'effet que cela fait. Tu aimes ou tu détestes, choqué ou entiché, par cette rencontre avec un peuple authentique et différent. Tellement différent.
C'est ma deuxième visite en Inde. Complètement submergé émotionnellement lors de mon précédent retour en France en 2006, j'appréhendais cette nouvelle visite. On entend, et on lit des tas de choses sur ce pays, qui semble être en prise avec une dimension mystique difficilement descriptible. J'ai beau  accrocher fièrement la bannière de l'athéisme à la sangle de mon sac à dos, difficile de ne pas succomber à cette envoutante atmosphère, belle et bien religieuse.
Nous avons donc atterri à Triplicane, dans le quartier musulman de Chennai, dans le sud du pays. J'y retrouve mes marques, des odeurs, des concerts de klaxons, des frimousses familières et un bordel qui me rassure. 
Quelques heures seulement après avoir déposé bagages, Vishuah, "agent" et businessman dans l'industrie cinématographique Tamoule, nous propose une petite semaine de figuration dans différentes productions locales. Boum, c'est parti! Nous serons, danseurs ou médecins, patients et courageux lors de ces interminables journées de créations audiovisuelles. Pour quelques rupees par jour, un plumard à l'oeil, et un repas gratuit, on fait pas non plus les difficiles. 
Puis, nous avons repris la route ou plutôt les rails. On ne tient pas en place. Cinq nuits dans le même endroit, et c'est déjà trop long. Dans ses trains indiens pour remonter vers le nord, nous avons rencontré des milliers de gens. Dans des compartiments pour 6, nous étions parfois une bonne vingtaine à s'échanger des fluides corporels et des verres d'eau au délicat pouvoir de destruction intestinale. Ces trajets de minimum 24 heures, nous ont menés jusqu'à Bombay, capitale économique du pays,  et ville aux contrastes saisissants. Au cinéma de Colaba, nous avons dégusté la qualité du cinéma Bollywoodien,  et l'incroyable attitude des spectateurs, toujours actifs et exaltés par l'action en cours. En Inde, on va au cinéma comme on peut aller voir un match de criquet. On s'adresse aux personnages à l'écran comme s'ils allaient nous répondre. Plus l'apostrophe sera bruyante, plus le héros aura sans doute de chance de vous adresser la réplique suivante. Il faut avoir une âme d'enfant, se lever quand c'est nécessaire et applaudir à s'en rougir les mains pendant le bisous de la scène finale. Aucun souci, on adhère à 200 pour cent. Un film dont vous pourriez être le héros. Le spectateur devient acteur. Ces gens là ont tout compris. 
Puis Varanasi, la cité mystique, les bords du Gange, les crémations, les ablations, les journées à l'hôpital à éponger toute l'eau partagée dans le train suscité, et la fatigue qui commence à nous gagner. Halte à toutes les vilains becs caustiques qui défendent des thèses nihilistes pour décrire le quotidien du voyage. Toute expérience de pérégrination est éprouvante, mais l'Inde va au delà, elle te scie les jambes, et parfois le moral. 
A Pushkar, comme à Delhi, on s'est mis à sérieusement à penser au retour. Aux tracas que nous allions retrouver, une fois le pied posé sur le tarmac de la ville rose. Alors, on a reprit une nouvelle mobylette, une énième motocyclette pour rejoindre Sohna, Marco, ou Papu. On s'est incrusté dans un mariage, on a claqué la bise aux chameaux, puis on a pris un dernier bus de nuit.
Et on a finit par revenir. Je suis même allé au cinéma. Le film était nul, j'ai pas applaudit, ni crié, ni sifflé une seule fois.  Le siège était confortable, et mon voisin avait pris le soin de laisser exactement 6 fauteuils entre nous. 
Tout est rentré dans l'ordre. Je sais maintenant que j'aime pas trop l'ordre. Je suis sur que je préfère l'Inde.